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Cette page se propose, entre autres, de traiter des sujets d’actualité, de Philosophie, de Religion, d'Histoire, de la Justice Pénale et de culture générale. Retrouvez-moi sur : FACEBOOK, YOUTUBE et LINKEDIN

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SYLLABUS PHILOSOPHIE MODERNE Licence 1 Semestre 2 (UOB 2017-2018)

UNIVERSITE OMAR BONGO

Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Département de Philosophie

Syllabus

Second semestre 2017-2018

  Intitulé de l’unité d’étude (UE6) Parcours : Philosophie moderne

  Question étudiée : « La Raison »

  Jour et horaire : lundi, 8H-10H

  Niveau d’étude : Licence 1

  Chargé de cours : MASSIMA LOUWOUNGOU

  Page web du cours : http://massimalouwoungou.over-blog.fr

 

  • Chacune des séances se subdivise en une heure (1H) de cours magistral (CM) et une heure (1H) de travaux dirigés (TD). Ces derniers sont des moments de méditations et de discussions des textes proposés.

 

Présentation

Quels sont les traits de la philosophie moderne ?

Le terme de « moderne » vient du bas latin modernus (récent, actuel) et désigne ce qui est « actuel », « récent », parce que faisant partie du temps présent,  par opposition à ce qui est « ancien », « moyenâgeux », ce qui relève du passé (et doit être passé). L’idée que l’on a de la philosophie moderne est celle d’une « philosophie actuelle », une « philosophie du moment ». Mais, faut-il parler de la philosophie moderne comme d’une philosophie sans attache, sans rapport avec la philosophie ancienne et médiévale ? Est-ce une philosophie qui considère les thèses de l’époque antique et du Moyen Âge comme complètement des dépassées ?

La philosophie moderne est certes une philosophie nouvelle, actuelle, toute récente. Mais elle n’est pas pour autant coupée des philosophies précédentes. La philosophie moderne n’est « moderne » que par rapport à la « philosophie ancienne » et à la « philosophie médiévale ». En d’autres termes, cette philosophie ne naît pas ex nihilo ; elle se déploie à partir de certains acquis (les thèses antiques et médiévales) sans toutefois demeurer dans une sorte de réception passive de cet héritage philosophique. La philosophie moderne s’inscrit dans une réception active : elle ne se contente plus de recevoir et d’approuver les idées anciennes, mais elle les discute, les examine et remet en cause celles qui semblent incertaines. Cette philosophie résulte d’un effort de « modernisation » du questionnement philosophique et se traduit par son émancipation, son affranchissement des méthodes et conceptions anciennes et médiévales.

La philosophie est un questionnement rationnel sur les différents problèmes qui ont préoccupé et préoccupent toujours les hommes à travers l’espace et le temps. Cette forme de questionnement est historiquement située. Ainsi se donne-t-elle à lire en périodes « ancienne », « médiévale », « moderne » et « contemporaine ». A chaque époque, sa philosophie : comme son nom l’indique, la philosophie moderne est une philosophie qui s’est déployée durant l’époque moderne, c’est-à-dire entre les 16e et 19e siècles.

L’époque moderne est celle où les sciences expérimentales et les grandes découvertes vont confirmer ou infirmer les idées héritées des anciens. Parlant de cette période, Descartes rappelle que « notre siècle me semblait aussi fleurissant et aussi fertile en bons esprits qu’ait été aucun des précédents[1] ». La philosophie moderne va donc logiquement tirer profit des progrès techniques et scientifiques de cette période. Certaines révolutions (comme celle de Galilée affirmant la rotation de tous les corps célestes autour du soleil) vont susciter chez les penseurs modernes le désir de vérifier scrupuleusement la certitude des idées véhiculées par la tradition ; on y lit une défiance vis-à-vis de la tradition et surtout le désir de déterminer les modalités de la connaissance rigoureuse de soi et du monde.

La philosophie moderne se caractérise, entre autres, par :

  1. L’affranchissement de la philosophie de l’emprise de la religion : les médiévaux comme Augustin, Averroès et Thomas d’Aquin posaient un rapport entre la philosophie et la religion tout en soulignant la primauté de cette dernière (la religion) sur la dernière (la philosophie). Pour Augustin et Thomas d’Aquin, la philosophie est au service de la religion.
  2. La défiance vis-à-vis de la philosophie ancienne et médiévale (avec la même détermination qu’elle s’est affranchie de la religion. Descartes se propose de tout rebâtir dès les fondements) ;
  3. La quête de l’autonomie humaine (voir comment l’homme peut-il s’affranchir des passions et des préjugés pour mener une existence moins passionnelle que rationnelle) ;
  4. La découverte de la vérité dans tous les domaines de la connaissance (la vérité est à portée de main ; pourvu que l’on sache se servir de sa raison) ;
  5. La volonté de puissance (désir de dominer, transformer la nature au moyen de la technique) ;
  6. Le désenchantement du monde (ne plus voir le monde comme un mystère, mais comme une réalité que la raison humaine peut saisir suivant une méthode rigoureuse) ;
  7. L’explication rigoureuse du mode de production des choses (inspirée de la mécanique analytique et de la mathématique pure). Ce qui se traduit par la mise en évidence de la question du « comment » au détriment de celle du « pourquoi » (laquelle tend à expliquer les fins des choses).

 

Objectif du cours :

Les idées naissent, se développent, s’affrontent, se transmettent, meurent ou demeurent : tout comme les hommes qui les émettent, elles ont une vie, une histoire. L’un des meilleurs moyens d’étudier l’histoire des idées, c’est de le faire à partir d’une notion qui a suscité une diversité d’opinions au cours d’une période donnée.

Cela dit, en prenant pour fil conducteur la raison, l’objectif de ce cours d’histoire de la philosophie moderne est de parcourir les thèses des principaux philosophes modernes tels que Descartes, Spinoza, Pascal, Malebranche, Leibniz, etc. Au-delà de ce qui se donnerait simplement à lire comme l’étude d’une notion, il s’agit surtout d’interroger la démarche originale (la rupture) des philosophes de cette période par rapport à l’ordre ancien.

Après une introduction qui tend à rappeler que la raison n’est pas une découverte des modernes, puisqu’elle a toujours été au fondement du discours philosophique, la première partie du cours insiste sur la toute-puissance de la raison. Il s’agit non seulement de comprendre son rôle dans la critique de la connaissance, mais aussi son importance dans la découverte des vraies conditions de la certitude. Le désir primordial des modernes est de réformer la faculté de connaître. Ainsi, Descartes est-il préoccupé par la bonne « conduite de sa raison[2] », et Spinoza par « la réforme de l’entendement[3] ». Cette partie du cours tend à démontrer comment le tournant décisif des philosophes modernes n’aurait pas été possible sans un bon usage de la raison. Lequel (usage) se traduit non seulement par la certitude de l’idée que le sujet a de lui-même et de ses potentialités, mais aussi par l’assurance de découvrir les vérités dans la plupart des domaines du savoir. Nous mettrons un accent particulier sur Descartes et Spinoza.

La seconde partie du cours fait apparaître que le rationalisme moderne ne se traduit pas seulement par une sorte d’apologie de la raison (en ce sens qu’elle constitue une puissance absolue), mais qu’il donne également à penser les limites de la raison, car celle-ci ne permet pas à l’homme de tout connaître et encore moins de lutter efficacement contre l’emprise des passions. Ce moment du cours sera l’occasion de méditer les thèses des philosophes modernes au sujet de ce que nous appelons les limites de la raison. Face à de telles limites, faut-il se passer de l’usage de la raison ?

 

Programme prévisionnel

Introduction

I- La toute-puissance de la raison (Descartes, Spinoza, Kant, Hegel)

II- Les limites de la raison (Spinoza, Pascal, Hume, Rousseau)

Conclusion

 

Bibliographie sélective

 

Descartes, Discours de la méthode ;

  • Méditations métaphysiques ;
  • Principes de la philosophie ;
  • passions de l’âme.

Pascal, Pensées.

Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement ;

  •  Éthique ;
  • Traité théologicopolitique

Hume, Traité de la nature humaine;

  • Enquête sur l’entendement humain.

Kant, Critique de la raison pure ;

- Critique de la raison pratique ;

- Critique de la faculté de juger.

Hegel, La Phénoménologie de l’esprit

Massima Louwoungou, L’individu, le corps et les affects : anthropologie et politique chez Spinoza, [en ligne]  https://tel.archives-ouvertes.fr>document

 

 

Calendrier d’évaluations

Devoir sur table

Mercredi 23 mai 2018

Exposés (groupes de 10 étudiants)

Lundi 28 mai 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Descartes, Discours de la méthode, Première partie, Préface et commentaires de Pierre Jacerne, Paris, Éditions Agora, 1990, p. 37.

[2] Voir le sous-titre du Discours de la méthode

[3] Voir l’œuvre de Spinoza Traité de la réforme de l’entendement

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