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Politiques ! Politiques ! Politiques !
Que vous représentiez la majorité,
Que vous soyez l’écho de l’opposition,
Que vous soyez du levant ou du couchant
Politiques, je respecte votre engagement
Quand vous vous sacrifiez pour le peuple
En défendant ses intérêts,
En rétablissant l’équilibre social
Pour que le Bien ne soit pas qu’un idéal…
Politiques, je redoute aussi votre désengagement
Quand vous feignez de méconnaître ces débordements,
Quand vous sacrifiez ce même peuple
Pour vos propres intérêts
En attisant une flamme sociale
Qui ronge, ronge le tissu social
Déjà deux morts à Port-Gentil
Deux morts c’est trop !
Le peuple est-il votre protégé
Ou tout simplement votre bouclier ?
Où sont donc vos enfants ?
Ne les avez-vous pas protégés ?
Où est le peuple ?
Ne l’avez-vous pas exposé ?
Nos rues sont vides de vos familles
Tandis que les nôtres y fourmillent
Vos héritiers sont bien au chaud dans vos nids
Pour que demain, ils nous envoient dans la rue.
Politiques ! Qui êtes-vous sans le peuple ?
Rien, sinon des prêcheurs en plein désert !
N’instrumentalisez pas le peuple !
Ne chosifiez pas le peuple !
Sa souffrance n’est-elle pas suffisante ?
Il ne suffit pas de crier comme Emile Zola : « J’accuse »
Car pour avoir une valeur de vérité,
Toute accusation doit d’abord exhumer l’histoire
Ce n’est qu’ainsi que l’accusateur comprendra
Que lorsqu’il indexe ses semblables,
Un seul doigt leur est pointé (l’indexe)
Tandis que tous les autres doigts se retournent vers lui.
Peuple gabonais, interroge le temps
Et tu comprendras...
Tu comprendras combien le politique est susceptible…
Il peut changer à tout moment
Il peut passer de l’opposition à la majorité
Tout comme de la majorité à l’opposition
Et cela, sans te consulter.
Peuple gabonais, interroge le temps
Et la présidentielle de 2005 te dira des choses (suis mon regard)
Si tu ne veux pas être arrosé, n’arrose personne ;
Sinon, tu seras un arroseur arrosé.
Pourquoi n’avez-vous pas évoqué Emile Zola en 2005 ?
Est-ce parce que ça arrangeait certains ?
La politique n’est pas exclusive,
Mais inclusive : le « tout sauf... »
Est source de velléités…
La revendication doit être méthodique
Et sans incitation à la violence.
Lorsque nous libérons et armons les prisonniers,
C'est nous qui sommes en danger
Tandis que les politiques
Sont tous protégés.
Alors, quittons la rue et méditons cette chanson de Jacques Brel :
Mon ami, qui croit que tout doit changer
Te crois-tu le droit de t'en aller tuer les bourgeois ?
Si tu crois encore qu'il nous faut descendre
Dans le creux des rues pour monter au pouvoir
Si tu crois encore au rêve du grand soir
Et que nos ennemis, il faut aller les pendre
Dis-le-toi
désormais
Même s'il est sincère
Aucun rêve jamais
Ne mérite une guerre
On a détruit la Bastille
Et ça n'a rien arrangé
On a détruit la Bastille
Quand il fallait nous aimer
Mon ami, qui crois que rien ne doit changer
Te crois-tu le droit de vivre et de penser en bourgeois
Si tu crois encore qu'il nous faut défendre
Un bonheur acquis au prix d'autres bonheurs
Si tu crois encore que c'est parce qu'ils ont peur
Que les gens te saluent plutôt que de te pendre
Dis-le-toi désormais
Même s'il est sincère
Aucun rêve jamais
Ne mérite une guerre
On a détruit la Bastille
Et ça n'a rien arrangé
On a détruit la Bastille
Quand il fallait nous aimer
Mon ami, je crois que tout peut s'arranger
Sans cris sans effroi même sans insulter les bourgeois
L'avenir dépend des révolutionnaires
Mais se moque bien des petits révoltés
L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre
Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner
Hâtons-nous d'espérer
Marchons aux lendemains
Tendons une main
Qui ne soit pas fermée
On a détruit la Bastille
Et ça n'a rien arrangé
On a détruit la Bastille
Ne pourrait-on pas s'aimer ?