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Nous sommes nombreux à admirer le
peuple américain pour ce geste sans pourtant comprendre sa véritable portée. Ce geste, soit la victoire d'Obama est une preuve d'amour du peuple américain pour le genre humain. Il est temps que
l'Afrique et les autres continents réalisent que la différence est une richesse, qu'un "sudiste" peut se faire élire par les "nordistes" et que le grand patriote n'est pas souvent celui
qu'on croit, car une personne qualifiée d'"étrangère" peut aimer une nation autre que la sienne et parfois même se sacrifier pour elle. L'exemple d'Ernesto Guevara dit Che Guevara
(1928-1967), argentain d'origine et cubain de coeur qui fit don de sa vie au peuple de Cuba en dit long. On peut être originaire d'une famille, d'un pays ou d'un continent et témoigner
un amour sans précédent pour la famille, le pays ou le continent d'accueil.
En outre, Le nouveau président américain est à l’intercession des mondes :
l’Afrique (de par son père), l’Amérique (de par sa mère) et l’Asie (le lieu de son enfance) ; dans ce cas, au lieu de crier « vive l’Afrique ! », nous préférons dire :
« vive le monde ! » En effet, ce sont ces continents qui ont forgé cet homme sur lequel se déversent les flots de notre admiration. Après Abraham Lincoln et Nelson Mandela, Barack
Obama devient le président le plus aimé du monde.
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Il y a « victoire » et « victoire ». Celle de M. Barack Obama n’est pas le fruit d’une inspiration spontanée, mais le produit d’une construction qui s’est faite au fil des siècles, au prix des larmes, dans des flots de sang et de sueur, au rythme des chants d’esclaves et des lamentations de toutes les minorités à travers le monde. Cette victoire, disons-nous, est la « concrétion » de l’une des visions de Martin Luther King qui lisait déjà, à son époque, les signes avant-coureur d’une cohabitation raciale, mieux, d’une fusion, au point où l’homme ne se définirait plus par rapport à sa couleur de peau ou à son origine, et encore moins à sa classe sociale.
C’est sur le plan ontologique que doit se situer le domaine de définition de l’Homme et non sur des faits contingents : avez-vous déjà vu du « sang blanc », « du sang noir » ou du « sang jaune » ? Non. La couleur unique du sang est une preuve suffisante de l’unité du genre humain et doit nous amener à faire tomber les barrières raciales et sociales édifier par le polygénisme (au XVIIIe siècle).
Aujourd’hui, le monogénisme se voit renforcé, car c’est sur la base de l’unité du genre humain que les américains, conscients que tous les hommes proviennent d’un couple unique (Adam et Eve) ont décidé d’ouvrir non pas une page, mais d’écrire un chapitre en or sous la plume de M. Barack Hussein Obama. Les nations du mondes devraient s’en inspirer et désormais, quelques soient les mutations qui pourraient avoir lieux dans le monde, elles ne seront rien de plus qu’une note de bas de page au premier Président de la « nation arc-en-ciel » (l’Afrique du Sud), M. Nelson Mandela qui, après avoir gravi la montée rude et escarpée de la Liberté comprenait la nécessité d’éclairer les consciences en ayant à l’idée cette pensée de Spinoza :
Voilà donc la fin vers laquelle je tends : acquérir cette nature supérieure et tenter que d’autres l’acquièrent avec moi ; cela fait partie de mon bonheur de donner mes soins à ce que beaucoup d’autres comprennent comme moi, de sorte que leur entendement et leurs désirs s’accordent avec mon entendement et mes désirs. Pour y arriver, il est nécessaire de comprendre assez la Nature pour acquérir une telle nature humaine, puis de former une société capable de permettre au plus grand nombre d’arriver aussi facilement et aussi sûrement que possible à ce but. (…) il faut réfléchir sur le moyen de guérir l’entendement et de le purifier[1].
C’est donc à juste titre que le 10 Mai 1994, lors de son discours d’investiture M. Nelson Mandela affirmait : « En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d'en faire autant ». Pour notre part, M. Obama a vu en Mandela un phare sur lequel se positionner, c'est-à-dire, sa plus grande source d’inspiration, car si le premier (Mandela) se souciait de savoir si son exemple avait reçu un écho favorable, autrement dit, si quelqu’un pouvait « en faire autant » (who can ?), Obama n’a cessé de répondre, tout au long de son ascension : « yes, we can ! » (Oui nous pouvons [en faire autant]).
Du « I have a dream » [j'ai un rêve]de Luther King, au « yes we did it » [oui, nous l'avons fait]en passant par le « yes we can »[oui, nous pouvons], nous venons d’assister à un bouleversement idéologique (polygénisme/monogénisme) à l’heure du bouleversement climatique. Le rêve est devenu réalité. Sans le savoir, nous sommes entrés dans l’histoire, non pas en tant que spectateurs, mais en tant qu’acteurs : vive le monde !
Massimalement vôtre.
[1] Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, in Œuvres Complètes, traduit, présenté et annoté par Roland Caillois, Madeleine Francès et Robert Misrahi, Paris, Gallimard, 1954, p.106.