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  • : MASSIMA LOUWOUNGOU
  • MASSIMA LOUWOUNGOU
  • : Cette page se propose, entre autres, de traiter des sujets d’actualité, de Philosophie, de religion, d'Histoire, de la Justice Pénale et de culture générale.
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  • Gabonais d'origine africaine, MASSIMA LOUWOUNGOU vit actuellement entre Poitiers et Bordeaux où il gravit sa « montée rude et escarpée ».
  • Gabonais d'origine africaine, MASSIMA LOUWOUNGOU vit actuellement entre Poitiers et Bordeaux où il gravit sa « montée rude et escarpée ».

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 17:03

Dis-moi ce que tu regardes,

Je te dirai ce qui te regarde.

Dis-moi ce que tu écoutes,

Je te dirai ce dont tu doutes.

Dis-moi ce que tu ressens,

Je te dirai ce que tu sens.

Dis-moi ce que tu comprends,

Je dirai ce qu’est ton entendement.           

Dis-moi ce que tu convoites,

Je te dirai ce qui t’emboîte

Dis-moi ce que tu projettes

Je te dirai ce qui t’inquiète.

Dis-moi ce que tu fais,

Je te dirai de quoi tu es fait

Dis-moi ce que tu lis,

Je te dirai comment tu es compris

Dis-moi ce que tu consommes,

Je te dirai  ce que tu ne digères pas

Parle-moi comme tu l’entends,

Je te parlerai comme je t’entends

Dis-moi de quoi tu vis,

Je te dirai de quoi tu mourras.

Notre responsabilité ne se limite pas à ce qui nous regarde, elle s’étend au-delà de notre regard, elle est à l’image du regard, elle est projection vers des responsabilités autres que les nôtres, celles qui ne nous appartiennent pas. Etre responsable, c’est sortir de soi, c’est-à-dire s’approprier des fautes des autres et répondre à un appel sans appel (sans précédent) : l’appel du visage, comme le disait Emmanuel Levinas.

Une oreille rassurée ne saurait s’inquiéter de ce qui se dit ailleurs. Le sage n’écoute pas, il comprend avant même que le son ne devienne écoute et avant que l’écoute ne devienne un doute : c’est lorsqu’ils prirent la résolution de défendre la cause des opprimés que Malcolm X et Martin Luther King perçurent avant l’heure que les applaudissements grégaires de la foule n’étaient en fait que le champ lexical d’une détonation fatale. En effet, conscient de sa mort certaine, Malcolm X faisait abstraction des mises en garde de son conseiller. Le doute ne pouvait pas élire domicile en lui, mais il était plutôt du côté de ses bourreaux…

Nos états d’âmes sont la conséquence des émotions qui nous envahissent. L’entendement du sage et celui du vulgaire ne perçoivent pas les choses pareillement. Le mérite du sage est sa projection, son ouverture au monde. Etant replié sur lui-même, le vulgaire vit son instant présent à l’aune des aléas du passé, pensant qu’ils se reproduiront. Sa vie est attente d’évènements qui n’auront pas lieu. Le vulgaire est dans une présence absence : il n’est jamais actuel.

La vie du sage n’est pas une attente stérile, elle est plutôt anticipation : c'est une familiarisation avec la mort (au sens sensible du terme). Sa vie durant, le sage réalise que la fuite (de la mort – évasion, exile, etc. –) est plus atroce que le trépas lui-même. On comprend pourquoi Patrice Lumumba, Che Guevara, Malcolm X, Martin Luther King, Thomas Sankara, Martine Oulabou et les oubliés ont emboîté le pas de Socrate. Ils ont accepté de mourir au présent pour que leur mort transcende les limites du temps et soit toujours d’actualité.

 Le sage interroge le passé pour résoudre les énigmes futures afin que son présent soit moins pénible et plus actuel que celui du vulgaire : sa mort est une renaissance.


Massimalement vôtre

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Published by Massima
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