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  • : Cette page se propose, entre autres, de traiter des sujets d’actualité, de Philosophie, de religion, d'Histoire, de la Justice Pénale et de culture générale.
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  • Gabonais d'origine africaine, MASSIMA LOUWOUNGOU vit actuellement entre Poitiers et Bordeaux où il gravit sa « montée rude et escarpée ».
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 10:14
« Le pur sentir n’est pas sentir. Sentir c’est savoir qu’on sent, et savoir qu’on sent c’est percevoir ». Expliquez.(Licence 2 UOB: correction du travail de maison)

(Tentative d'explication du sujet)

Introduction

Qu’est-ce que « sentir » ? C’est la question à laquelle semble répondre cette assertion qui distingue « le pur sentir » du « sentir », puis identifie le « sentir » à la conscience du senti, avant de poser la perception comme l’idée ou la conscience du sentir. Comment comprendre une telle affirmation ?

Développement

1. Le pur sentir n’est pas sentir

Le pur sentir c’est ce qui est vécu immédiatement par le sujet dans ses rapports aux choses. C’est ce qui précède tout jugement que le sujet peut émettre sur ce qui lui arrive. Par exemple, avant de dire s’il est confronté au chaud, au froid, au mou, le sujet sent d’abord. Or, ce sentir, du moins ce premier sentir, pour autant qu’il précède la conscience claire que le sujet a du senti, n’est rien d’autre qu’un « pur sentir », c’est-à-dire, un sentir ineffable. C’est un sentir inconscient, imperceptible. Voilà pourquoi il « n’est pas sentir », donc ne peut être appréhendé. Autrement dit, le pur sentir est ignorance du sentir, ignorance de ce qui est senti. Car, « sentir » c’est être capable de nommer ce qui est senti, par ex., « j’ai chaud ». Ici, le sujet a conscience du « sentir », et puisqu’il en a conscience, il ne s’agit plus d’un « pur sentir », mais d’un sentir. Comme l’indique le second moment de la citation. Il n’y a pas d’expérience du pur sentir, du moment où le pur sentir est fugace (momentané).

2. Sentir c’est savoir qu’on sent

Dire que « sentir c’est savoir qu’on sent », revient à dire que le savoir ou la conscience est toujours une connaissance réflexive du sujet, une connaissance sur soi. Savoir, c’est se savoir sentant, c’est-à-dire comme sujet éprouvant telle ou telle sensation. C’est en ce sens que Husserl affirme que : « toute conscience est conscience de quelque chose ». Il ne peut y avoir de conscience du « pur sentir », parce que celui-ci n’est pas une « chose », une réalité perceptible. La conscience a donc un objet, l’objet de son idée, autrement dit, ce qui est senti. Mais dès lors que l’individu forme une idée du sentir, le sentir n’est plus un « pur sentir », il devient un « sentir » (dans lequel l’individu est conscient à la fois de soi et de la chose senti), autrement dit, une « perception ». En somme, « percevoir » pour l’individu, c’est non seulement percevoir la chose qui l’affecte, mais c’est aussi se percevoir soi-même comme étant affecté.

3. Savoir qu’on sent c’est percevoir

La perception est conditionnée par la sensation. Selon Lalande : « la perception est l’acte par lequel un individu organisant ses sensations présentes, les interprétant et les complétant par des images et des souvenirs, s’oppose un objet qu’il juge spontanément distinct de lui, réel et actuellement connu par lui ». La perception implique toute une construction mentale par laquelle la sensation fait l’objet d’une interprétation.

Conclusion

Sentir, c’est se sentir sentant, autrement dit, c’est avoir conscience de soi comme individu sentant telle ou telle chose. Sentir c’est avoir à la fois l’idée de soi et de la chose sentie. « Le pur sentir » n’est pas une connaissance. C’est juste un contact sans trace (sans témoin, sans impression psychologique) du sujet. Le sujet sent, mais tout est tellement pur, tellement momentané qu’il ne réalise rien (il sent à peine). Tout est encore confus dans le « pur sentir ».

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Published by MASSIMA LOUWOUNGOU
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